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UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE...

... Oui, mais alors pas n’importe lequel !

 

Le Larzac 2003, cet été, aura été un parfait exemple du gigantesque foutage de gueule que nous servent quotidiennement les professionnels de la revendication citoyenne.

En effet, les précieux leaders de la « contestation » (ceux qui sont restés sur la touche aux dernières élections) ont tenté de nous faire croire à un rassemblement remettant en cause le système.
Faut dire que question contestation et radicalité, la Confédération Paysanne/Attac/LCR… et autres rigolos, ils sont vachement au point !
La direction du Larzac s’est montrée sous son vrai jour, et cela n’est pas pour nous déplaire !
Imagines le tableau (fais un effort, quoi !) : le festival s’est déroulé sous un soleil de plomb et c’est très légitimement que votre corps vous réclame quelques litres d’un breuvage désaltérant (de l’eau pour pas faire le difficile).


Question : comment les zorganisateurs ont-ils géré la distribution de l’eau et des denrées vitales ?


En plus des bouteilles achetées, il semblerait (source : le Monde) que l’armée ait fournit aux partisans d’un « autre monde » des milliers de bouteilles d’eau, face aux risques énormes de déshydratation des 200 000 participants à cette foire.
Et bien les spécialistes du « contrôle citoyen » et du « capitalisme à visage humain » nous ont fait une belle leçon de partage et d’anticapitalisme (chut, ce mot est tabou ! dites plutôt « contre le néo-libéralisme »).

Gratuites pour les organisateurs et l’élite du mouvement (après tout ils sont peut-être nos futurs chefs), les bouteilles étaient vendues 3 euros l’unité, soit 5 fois son prix dans un hypermarché : « pas d’argent, pas de Larzac » semble être le leitmotiv de ce rassemblement « pour un autre monde ».
Autre possibilité pour ne pas mourir de soif : 4 citernes disposées sur tout le site où l’on peut tirer de l’eau après souvent ¾ d’heures de queue en plein soleil…

La direction a donc SPECULE sur notre soif après un calcul très « anticapitaliste » (« le supermarché est hors d’atteinte donc on peut monter jusqu’à ce prix, les gens seront obligés d’acheter »).
Pas de doutes, ils sont venu faire du business. Un distributeur de fric est là pour nous aider. Pendant 3 jours a été crée l'équivalent d'une cité urbaine, avec sa pollution, sa gestion au sommet par une « élite éclairée », ses dérives, ses clochards qui font les poubelles (et oui). Leur « autre monde » est assez difficile à avaler : ils nous parlent d’être plus solidaires, de construire des rapports non-marchands et le moindre « menu » (composé d’1/3 de baguette, d’un petit paquet de chips et d’une assiette ridicule de patates à l’ail) est à 8 Euros ! Le kebab à 6 euros ! Du jamais vu ; ils auraient voulu nous dire « bandes de cons », ils s’y seraient pas mieux pris !


Le mode d’organisation du « festival citoyen » a, quant à lui, achevé de démontrer l’hypocrisie des organisateurs : tout a té conçu pour que pas une tête ne dépasse ! Les tours de parole des débats sont très rapidement clos : ce n’est plus un débat mais une conférence, généreusement dispensée au peuple par des « spécialistes » ! Où est la démocratie ?! L’organisation est verticale, des espaces interdits d’accés (réservés aux « VIP de la contestation »), la moindre initiative soumise à une obscure bureaucratie. Ceux qui prétendent changer de monde n’ont décidément rien changé… Les méthodes sont toujours les mêmes : prises de décisions au sommet, consignes venues d’en haut, infantilisation et servilité volontaire du citoyen.

Certains prétendront que nous perdons du temps à « nous diviser » et à se « chamailler pour des broutilles », mais pour des gens se targuant de « changer le monde », il me semble que le minimum est d’être EN ACCORD avec le discours que l’on tient. On ne peut pas dire vouloir une chose et faire son contraire dès qu’une responsabilité nous est confiée : « quand on sera au pouvoir, on fera ci et ça » = mais pour les moindres détails, on voit clairement le double langage !

Ils nous promettent plein de belles choses mais sont incapables d’agir dans le sens de leur discours ! L’arnaque est la même ! C’est du spectacle, ils ne font pas peur à nos dirigeants car ils ne proposent rien de réellement différent ! (voir le prochain numéro la brève intitulée « la contestation encadrée : un rempart contre le changement radical »).

Ne faisons plus confiance à ces salauds qui profitent de notre crédulité ! Seule une organisation collective et autogestionnaire en rupture claire avec le profit et les privilèges anéantira ce genre de comportements aberrants.

NB : A ceux qui doutent encore qu’il soit possible de mettre en œuvre une telle organisation, nous leur rappelons que l’été dernier, le camping des JL s’est déroulé sur ces bases pour le plaisir de tous les participants !

BRICE


Paru dans le numero 32 du journal des JL "Il était une fois la révolution, con!"