Bienvenue sur le site des Jeunes Libertaires de Toulouse !

 


Walt Disney présente :
LA PLANETE AUX TRESORS

Nous connaissons Walt Disney comme étant le créateur d’un nouveau monde imaginaire. Nous ne développerons pas tous les aspects pathologiques que cela peut représenter, mais n’oublions pas que tout cela n’aurait jamais existé sans les véritables créateurs : les dessinateurs, les acteurs…et tous ceux qui ont subi la volonté d’un mythomane, fils spirituel de Hoover (directeur du FBI).

Grâce à lui, l’industrie cinématographique d’Hoolywood devint le média de prédilection du FBI (dont Disney devint l’un des poteaux) dans sa lutte contre la subversion (cf. « Walt Disney: les revers d’un mythe »). Car, l’on n’a pas besoin de regarder bien loin pour effectivement remarquer que les productions Disney ont un contenu idéologique : patriotisme, etc…
Si l’on suit profondément l’idée du monde si parfait, si merveilleux, où le bien combat le mal, on ne peut créer des parcs d’attractions qui suivent cette philosophie sans quelques sacrifices des employés. En effet, la définition manichéen des relations sociales, chez Disney, engendre bien entendu des comportements violents. Ceux-ci sont de tous bords, à la fois physiques et moraux.
Je me servirai, pour cet article, d’un témoignage de l’un des employés de l’Euro Disney. Un employé à Euro Disney gagne 6500f (environ 1000 e) par mois.

Dans ces parcs d’attraction, le concept de réalité devient confus pour les enfants. Ainsi, dans ce monde où le mal doit être chassé ( sachant que la conception du mal est ici défini par Disney), la méchante sorcière étant un élément représentatif de ce mal, les enfants n’hésitent pas, en la voyant, à la frapper, à lui donner des coups de pied etc.… L’employé qui jouait ce rôle s’est donc retrouvé avec les jambes enflées. Rappelons que les acteurs qui jouent des personnages chez Disney, n’ont bien sûr pas le droit de parler, de répondre aux provocations… Il a donc fallu qu’elle revendique le droit de porter des protections pour ses jambes, droit qu’il n’a pas été facile d’avoir d’ailleurs.

L’employé et la bête

Ceci n’est qu’un exemple, mais la plus grande violence découle très certainement du système Euro Disney lui-même où les principes du capitalisme battent leur plein : aucune erreur n’est tolérée.
Une des employés qui jouait une Minnie, demande un jour un congés pour maladie. Ce congé lui a été refusé. Par pression de l’administration elle se trouva obligée de venir. Celle-ci étant malade, elle s’est mise à éternuer dans le parc, devant les enfants. Dans le monde si beau, si merveilleux, l’éternuement est intolérable. Elle a donc été virée sur le champ.
« De la magie dans votre CV: Travailler différemment, vivre son métier d'une manière originale, découvrir un univers professionnel hors du commun, une ambiance multiculturelle » annonce une brochure de recrutement… Ils ne croient pas si bien dire! Ne vous plaignez pas, vous avez été prévenus, non?!

Le parc est éloigné de tout, comme beaucoup d’employés terminent le boulot vers 23h, voire plus, il a été crée des résidences Disney. Donc les salariés ont trois possibilités, soit de se financer une voiture pour ceux qui le peuvent, soit d’attendre le TER dont les horaires ne conviennent pas vraiment (quand on finit à 2h, le prochain est à 5 h), soit de vivre chez Disney (souvenons nous alors des cités minières implantées à proximité des usines et des mines). Dans le dernier cas, c’est être à la fois salarié et client de la multinationale. Car il y a aussi, le centre commercial Disney, la boite de nuit Disney: tout leur salaire revient donc dans la poche de Disney.
Il y a beaucoup de salariés qui viennent des pays de l’est, ils vivent à 2 dans 15m2 pour 1500f par mois et par personne, avec bien sûr un salaire de 5000f… Disney n’hésite donc pas à exploiter la pauvreté.

Il existe une hiérarchie très organisée au sein même des salariés, afin de bien les diviser. C’est bien plus facile de régner quand il n’y a pas de solidarité. Si
nous partons d’en haut, il y a tout d’abord, le senior manager (yeahhh) qui est le responsable de tous les
restaurants. Puis, le team leader, et enfin, le cast member qui est donc la dernière des sous merdes et
qui subit le bien vouloir des deux pingouins qu’il a au dessus de lui. C’est une entreprise à part qui a son vocabulaire, issu de l’anglais bien entendu (guest : invité, consommateur du parc…). Cette entreprise a aussi son look : on n’est pas au travail, on est en scène (sur la porte du vestiaire, il y a tout de même écrit : après cette porte, vous êtes sur scène). Toutes les directives doivent être suivies à la lettre, au point qu’ils voulaient virer un employé pour son bouc qui ne faisait pas très look Disney.
« 10 à 12000 collaborateurs (Cast Members) font vivre l'entreprise avec les mêmes valeurs, le même objectif commun, celui de mettre son professionnalisme et son enthousiasme au service de l'enchantement »

Ce type de fonctionnement est très proche de la secte, avec sa hiérarchie et ses exigences qui vont même jusqu’à modifier la façon de vivre des employés. Et lorsqu’un de ceux-ci ne leur convient pas, ils n’hésitent pas à utiliser la violence morale, l’intimidation, pour pousser à la démission. Un employé qui travaille dans un des hôtels, qui faisait environ 30 chambres dans la journée (ce qui est énorme), doit s’entendre dire « ça fait 9 ans que tu es là, et tu n’arriveras jamais à rien ».
La division des employés est une vieille technique, elle peut prendre la forme de la «tentative d’achat » avec des soient disant augmentations de 0.02%, en
demandant surtout de ne le dire à personne car il est le seul à avoir cette « faveur ».
Surtout qu’après une petite enquête, il se rend compte qu’à peu près tous ont eu droit à cette « faveur » !

Continuons dans l’horreur…
En 98, il y a eu un mois de grève de la parade, celle-ci a immédiatement été suivi de nombreux licenciement.

Encore plus loin…. Lors d’une des dernières manifs organisées par les employés, les CRS ont chargés…

Toujours plus loin…. Un des employés qui travaillait dans un des restaurants avait faim, il s’est permis de prendre 3 pommes de terres, il a finit en garde à vue.

L’Euro Disney est un exemple criant du capitalisme et de son fonctionnement : l’exigence inhumaine, la division entre les employés pour éviter toute solidarité et le harcèlement quand l’un d’eux conteste quoi que ce soit. Ce sont les conditions du fonctionnement du capital.

MICKEY DEGAGE:
ON N’A PAS BESOIN DE TOI POUR REVER !

Tintin
le colonialiste

Paru dans le numero 30 du journal des JL "Il était une fois la révolution, con!"