La contestation pourrait être : inscrire une opinion, un
désaccord. Et cela sous différentes formes. Mais
plus particulièrement, elle soulève une subjectivité,
une présence. Dans le fond elle a une image populaire nécessaire.
Cette représentation est plus ou moins négative
tout d'abord par la forme qu'elle peut prendre, et surtout comment
elle est perçue et représentée par les médias.
Une seule est légitimée par l'état, c'est
celle du vote contestataire, viendra-t-on m'en expliquer l'utilité
: elle est nulle. C'est un conte politique qui ne fait que rallonger
les discours.
Une contestation est un renouveau, il faudrait qu'elle soit suivie
d'une innovation, d'un projet qui légitime l'idée.
Il existe un discours qui dit que : " la politique est une
affaire de professionnel " , je leur réponds , effectivement,
mais qu'ils aillent la faire entre eux sans faire chier le monde.
La contestation politicienne n'implique aucunement ceux qui justement
ont un besoin particulier de la faire, ne serait-ce que pour changer
leur vie.
Une société ne s'organise pas par des jeux de pouvoir,
mais par une association collective, ce qui dans le fond remet
tout en cause, notamment que le changement vient de la base. A
partir de là nous pouvons faire la différence entre
politique et association collective.
La politique peut se résumer ainsi : ce sont des jeux de
pouvoir d'hommes fondés sur leur insouciance sur tout ce
qui touche la vie sociale. Cela ne concerne que quelques personnes
dont l'objectif principal est personnel. La politique est relative
à la société organisée ( nous remarquons
que société est objet).
Opposée à ceci, l'organisation collective met en
cause la société qui organise elle-même son
propre système de fonctionnement. L'objectif n'est alors
plus personnel mais collectif. La société devient
alors sujet de l'organisation.
Cela permet d'évaluer autrement les besoins, les orientations
d'actions qui n'appartiennent pas à des gens qui se permettent
de définir ce qu'ils ne vivent pas au quotidien.
La lutte s'exécute
dans un désir qui est à la fois personnel et partagé
par la collectivité. Elle s'inscrit dans une continuité
et ne peut donc se perpétuer qu'avec un objectif. C'est
une sorte de projet partagé . Chacun , partageant des idées,
a des connaissances et des attentes bien précises qui peuvent
se confronter et donc se préciser ou se modifier.
Un objectif tel que l'autogestion est autrement plus complexe
et plus demandeur que tout autre objectif militant, ( comme ceux
des partis politiques par exemple, qui s'inscrivent dans un objectif
à court terme. Les modifications sont imposées,
immédiates, brusques et toujours installées par
la force.).
Il existe de ce fait, de nombreux syndicats ou groupes n'ayant
que la lutte comme objectif. Celle-ci devient une fin en soi,
ce qui d'un côté élargit considérablement
le champ d'action, mais qui, d'un autre côté, réduit
très fortement les répercutions de ces luttes, (élément
qui peut être tout à fait volontaire.).
L'objectif dans la lutte permet de cibler l'action et donc d'avoir
un combat intelligent.
Pourtant, dans certains groupes, des actes peuvent être
fait pour ce seul plaisir. Prenons comme exemple les grèves
étudiantes ; ces gens là fonctionnent sur le spontané,
mais ils sont utiles (à qui ?), ils jouent le rôle
de contre-pouvoir bien nécessaire à l'état.
Ils fournissent à celui ci les questions réponses
qui lui permettent de mieux asseoir un pouvoir (non légitime)
et de répondre à des revendications sans objectif.
Ils en arrivent à donner une représentation sociale
issue d'un groupe de référence (contestataire) qui
avec l'aide du temps et des médias perd tout son sens dans
l'image collective.
La vulgarisation stupide et médiatique a pour objectif
de canaliser la révolte (cf article sur Millau dans le
numéro 21)
Alors que l'action de révolte, organisé dans un
autre esprit, qui peut être celui de la projection, va être
moins brusque, ou même passer inaperçu (par les médias),
mais peut avoir des répercussions plus grandes.
Installer l'autogestion demande un travail préalable qui
demande une projection. L'objectif est donc en premier lieu intellectuel,
puis il se concrétise dans une pratique collective.
BRUAND
Paru dans le
numero 23 du journal des JL "Il
était une fois la révolution, con!"
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